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05/08/2018

Vissec et son étrange rivière

Vissec et son étrange rivière

 

C’est le titre d’un ouvrage d’Adrienne Durand-Tullou paru en 1995. C’était aussi le thème de la journée-souvenir Alain Laurent, organisée le samedi 28 juillet dernier.

1- le depart de la rando (Copier).JPG

le départ de la rando

A l’heure dite le groupe s’est formé en bordure de cette route que nous aimons bien. Elle s’élève progressivement depuis le lit de la rivière asséchée pour atteindre le plateau, au niveau des Beaumes, ce confetti de Larzac Gardois. Eh oui, les Beaumes sont situées en terres gardoises !

Avant d’emprunter la sente rocailleuse,  Jo Durand, dans un brillant exposé nous a apporté les éléments indispensables pour bien comprendre toutes les vicissitudes de ce complexe réseau hydraulique bien souvent souterrain. Le professeur Durand, Doyen de la Faculté de la Vacquerie, ayant rangé ses documents de thèse, le groupe s’ébroue sur cette draille désormais à vocation touristique.

2 - le professeur Durand (universite Vacquerie II )(Copier).JPG 3- la-haut, cest le Larzac (Copier).JPG

le professeur Durand (Université Vacquerie II)                      là-haut, c’est le Larzac 

Au gré de notre avancée nous découvrons un judicieux panneautage des plantes, arbustes et arbres qui constituent cet écosystème implanté dans un terrain particulièrement aride. Rapidement la vallée se resserre en un canyon étroit, les pentes des causses du Larzac et de Blandas deviennent bien plus présentes dans notre progression. Quelques belvédères autorisent des points de vue impressionnants sur le fond de vallée couvert d’une végétation luxuriante. Il est d’ailleurs difficile de vérifier si le cours d’eau coule, sommeille ou bien s’est éclipsé pour quelques instants. Quelques petits arrêts sont nécessaires afin de regrouper les éléments dispersés par les pauses photo ou les bavardages en aparté.

Après une petite heure de marche un étrange bruit retient toute notre attention dans cet environnement extrêmement sec et rocailleux. « Bizarre, vous avez dit bizarre… ». De l’eau en abondance qui coule, cascade, bouillonne en cataracte. Nous n’avons encore rien vu mais nous sommes déjà sous le charme de ce site hors du commun. La végétation devient brusquement plus dense, des arbres de haute stature, des plantes vivaces et vigoureuses. Le ciel a disparu, une imposante canopée ferme l’espace au-dessus de nos têtes. Et toujours ce bruit qui devient plus présent. Un sentiment de fraîcheur et d’humidité se manifeste. Un premier bâtiment puis le site se dévoile dans son intégralité. Les moulins implantés depuis des siècles et cette résurgence puissante et rafraîchissante qui magnifie cet étranglement rocheux où les falaises des deux causses se frôlent.

4 - la ressurgence et le moulin (Copier).JPG

la résurgence et le moulin

C’est toujours un ravissement que de se rendre à la Foux. Les novices sont impressionnés par la force et la pureté de cet oasis caussenard.

Nous déambulons un bon moment afin d’appréhender tous les aspects du site. Le professeur Durand, nous conte même, une histoire singulière. Dans son adolescence afin « d’épater la galerie » il avait plongé dans les eaux bleutées en aval de la résurgence. Il ne savait pas, à cette époque, que même au cœur de l’été, la température de l’onde n’excède pas les 12° !

5 - les assistants du professeur (Copier).JPG 6- les eleves a l'ecoute  (Copier).JPG

les assistants du professeur                          les élèves à l’écoute        

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         sur le chemin du retour         

A la mi-journée, la grande famille de l’Amicale s’est installée sous les tilleuls de l’aire communale de Vissec, pour le deuxième volet de cette journée familiale. Aucun tour de roue, seulement une petite balade, la découverte d’un site d’exception et puis des parlotes à n’en plus finir. C’est toute l’alchimie de cette journée quelque peu atypique dans notre calendrier annuel. Chacun a raconté son dernier voyage, sa dernière escapade proche ou lointaine parfois même en terre inconnue. Pour d’autres, c’est l’évocation de projets qui a ravivé la flamme de la vie qui est en nous.

8- Gerard anime un cercle de reflexion (Copier).JPG 9- les discussions vont bon train.JPG

         Gérard anime un cercle de réflexion          les discussions vont bon train                    

Les petits tiroirs de notre mémoire en sont emplis, dans l’attente de leur réalisation, ils apportent du rêve, de l’espérance et même un sourire sur un visage.

L’apéritif a été l’occasion de découvrir de nouvelles saveurs au travers de jus de fruit locaux ou bien avec des houblons brassés mais sans alcool. A noter également, le fait important de cette journée ; l’abaissement brutal de la moyenne d’âge des membres de l’Amicale. Pas de mirage ni de miracle, cela provient surtout du fait que les charmantes et discrètes filles de notre Ami Jérôme soient à nos côtés !

A l’heure de la sieste, les plus courageux ont affronté les rues et les venelles du village afin de découvrir le château de Vissec qui abrite actuellement une exposition temporaire. Le châtelain est très bavard, les frères Durand aussi ! Désormais, nous savons tout sur la famille Montfaucon et les seigneurs de Vissec. Nous avons bien failli prendre le dîner en leur compagnie tant la conversation a été longue et instructive.

10- la visite du chateau de Vissec (Copier).JPG   11-blason de la famille Montfaucon (Copier).JPG

                          la visite du château                     le blason de la famille Montfaucon 

La mémoire de notre Ami, Alain Laurent, trop tôt disparu a bien sûr été évoquée. Car il ne faut, en toute circonstance, tourner le dos à son passé. Alain avait créé le concept « Larzac-Aventure » à la Vacquerie lors de la séquence « Le Zibardie ». Par la suite, René y a accolé le terme « Amicale ». Nous pourrions aisément dire que la boucle est bouclée. Mais pour celles et ceux qui ne l’ont pas connu, je souhaite apporter quelques précisions supplémentaires. Alain avait quitté son Ariège natale avec le Port d’Aula au fond de son cœur. Puis, il a sillonné le plateau du Larzac dans tous les sens mais en gardant toujours le roc de Servières (793m) connu aussi sous l’appellation « rocher du Lion » comme point de repère. Alain était un grand voyageur, le cyclotouriste avait su aussi se glisser dans le costume usé et délavé du globe-trotter. Les montagnes du Ladakh ont sans aucun doute, provoqué en lui, le plus gros choc émotionnel de sa longue itinérance sur deux roues. Dans la langue locale « Ladakh » veut dire le « pays des hautes passes ». Mais en 1994, le plus haut col du monde  s’est refusé à ses roues conquérantes. Cette région du monde située aux confins du Karakorum et de l’Himalaya restera à tout jamais présente dans son esprit.

Il avait choisi pour dernière demeure, ces hautes terres désertiques, minérales et glacées. La vie y est presque absente tant l’immensité et la faible présence humaine retiennent l’attention de l’aventurier occidental. Sa descendance a exaucé tous ses vœux.

Désormais, Alain repose également en paix dans ces hautes montagnes qui caressent le ciel, où les étoiles semblent à la portée de nos roues…

Guy C.

 

 

Suite à la Journée Familiale de VISSEC

Cela avait déjà été écrit : pourquoi ne pas rentabiliser nos déplacements dans l’ambiance des chères rencontres de nos Amicalistes ?

C’est ainsi qu’Andrée et Jeanine ou voulu jouer les prolongations ce dimanche de fin juillet sans perdre le fil de cette étrange rivière qu’est la VIS, récemment décrétée « l’une des plus belles rivières de France ».

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Le côté amont vers VISSEC ayant été exploré la veille, c’est au départ de NAVACELLES qu’elles entament une nouvelle boucle vers les fameux Moulins de la Foux.

Un joli pont de pierre franchi sur la rivière les mène en quelques lacets sur l’abrupt versant du causse de Blandas où un étroit sentier en balcon rocailleux traverse les pierriers de la combe du Four.

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Une halte est nécessaire si l’on veut admirer la crête opposée dominée par la Baume Auriol éclairée par les rayons d’un soleil déjà ardent. C’est ensuite l’ancien chemin de vignes de Serizière bordé de plusieurs ruines de mazets de pierres sèches tous bâtis sur le même modèle (un puits, une citerne, un toit de tuiles ou de tôle ondulée).

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Après avoir longé un court moment la route qui descend de Blandas, elles s’enfoncent dans la fraîche forêt de cèdres plongeant vers les méandres de la rivière déjà bruissante sous un épais feuillage. Elles n’y sont plus seules car la résurgence, très prisée par cette forte canicule, devient le centre d’intérêt de nombreux randonneurs.

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C’est pour elles l’occasion de peaufiner la visite de la veille, de détailler les riches expositions ornant les parois des deux moulins. Des panneaux didactiques expliquent que la Vis qui a façonné le cirque de Navacelles ressurgit ici alimentée par le bassin versant de 200 km2 formé par le cône en amont de la perte à Alzon, le causse de Blandas, le causse de Campestre et le Larzac méridional. Ils détaillent également la vie rurale et agricole de Vissec ainsi que le dur labeur des meuniers, soumis aux aléas d’une rivière capricieuse et imprévisible qui submergea les moulins en 1907, portant un coup fatal à leur exploitation ; ils ne furent restaurés qu’en 2000.

Une large documentation leur explique également comment les géologues ont tenté à maintes reprises d’explorer jusqu’à 1200 mètres en amont la formation de cette étrange résurgence à partir de la grotte adjacente où virevoltent quelques pipistrelles.

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C’est à regret que nos deux promeneuses quittent ce havre de fraîcheur pour découvrir la piste en rive droite, épousant fidèlement sur plus de 4 km le fil d’une Vis torrentielle, tantôt tapissée d’une végétation paradisiaque, comme à l’approche des ruines de la ferme des Poujols, tantôt déviée et taillée à flanc de hautes falaises rocheuses et caillouteuses, tantôt longeant au plus près des plans d’eau transparente faisant le bonheur de quelques pêcheurs.

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A l’heure d’un casse-croûte mérité, les voici au détour d’un lacet descendant la route de Saint-Maurice Navacelles pour franchir le gué « aux eaux pures » dont la berge sera un site idyllique pour alléger leur sac à dos. 

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Délaissant la plage animée en amont du pont submersible, elles empruntent enfin le sentier tracé dans une végétation luxuriante qui les ramènera vers Navacelles, non sans cotoyer certaines zones prises d’assaut par des hordes de « pique-niqueurs du dimanche » avec tables, chaises et glacières débordantes.

Belle balade, non ?  

L’après-midi à peine entamée, il leur reste suffisamment le temps de se propulser jusqu’au Caylar pour assister au Festival du Roc Castel, se voulant « l’éloge du voyage lent ».

C’est en déambulant au travers des rues de notre familier village que l’on apprécie ce festival imaginé en hommage à tous ceux qui ont choisi de voyager sans hâte pour privilégier la rencontre des autres et la découverte curieuse des pays traversés.

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Une aubaine pour nos deux curieuses de fouiner parmi une abondante collection d’œuvres artisanales, d’assister à de riches conférences, d’y croiser des voyageurs singuliers, aventuriers aux grands défis ou arpenteurs des petits chemins, pour qui le trajet compte autant que la destination.

A bien réfléchir, n’est-ce pas l’esprit qui anime notre chère Amicale Larzac Aventure ?

Jeanine L.

 

 

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photos Jeanine L., Martine M., Pierre H. et Guy C.
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Écrit par LA - mise en page MF | Commentaires (0) |

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