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20/07/2017

les Dolomites

Dolomites

 

Nous les avions découvertes à l’an deux mille, lors d’un merveilleux Thonon-Trieste gravé à tout jamais aux tréfonds de nos mémoires. L’envie de les revoir a toujours été présente en nous. Les années sont passées, d’autres projets ont vu le jour. Ils se sont réalisés au fil du temps. Nous avons continué notre route sans jamais véritablement oublier ce massif alpin hors du commun.

A l’occasion de l’anniversaire de nos soixante ans, nous avons mis le cap à l’Est, traversé l’Italie du Nord afin de réaliser une immersion totale dans cet univers où minéral et végétal se marient à merveille.

 

Après Vérone, l’autoroute remonte tout doucement la vallée de l’Adige et les montagnes s’élèvent au fur et à mesure de notre progression. Les conditions météo sont parfaites. Tout d’abord, nous empruntons le Val di Femme, ensuite le Val di Fassa. Au gré de notre pérégrination, petit à petit les « cathédrales de calcaire » apparaissent. Quelle émotion. Les dolomites ne sont comparables à aucune autre montagne. Elles sont uniques, splendides et même envoûtantes tant ces colonnes de roche qui s’élancent vers le ciel monopolisent notre regard. Nous n’avons d’yeux que pour elles !

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Depuis le Sass Pordoï

A Canazeï, la route s’élève rapidement en forêt par de courts lacets pentus. Notre hôtel étant retenu au Passo Gardena et l’après-midi à peine entamée nous optons pour un passage par le Passo Pordoï afin d’emprunter le téléphérique du Sass Pordoï (2950m), « la terrazzea delle dolomiti ». Le souvenir de l’an 2000 est resté impérissable mais il fallait bien rafraîchir ces images de presque vingt années en arrière. Le panorama est toujours aussi fabuleux depuis cet éperon rocheux du Groupe du Sella. Le Sassolongo (3179m) est là, tout proche, à l’opposé c’est la Marmolada (3346m) et son glacier. Puis c’est la Civetta (3220m) et le Pelmo (3168m), sans oublier le Tofane (3243m) qui complète ce merveilleux tour d’horizon. Devant nous d’immenses lapiaz s’étagent jusqu’au Piz Boè (3152). La blancheur du calcaire nous éblouit et le paysage nous enchante. C’est un grand ciel bleu qui nous accueille dans ce lointain Sud-Tyrol. Les glaciers autrichiens scintillent à l’horizon, nous sommes d’entrée de jeu sous le charme de ces montagnes atypiques.

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les lacets du Pordoï et la Marmolada       d’immenses lapiaz et le Piz Boè

 

Après avoir contemplé à satiété ce panoramique de 360°, nous reprenons la route et basculons le Passo Sella afin de gagner le Val Gardena. Rapidement le col apparaît, l’hôtel CIR nous accueille dans un merveilleux décor montagnard. L’encadrement de la fenêtre de notre chambre s’ouvre sur le Sassolongo. Comment rêver d’une plus belle carte postale ! Nous y séjournons une semaine afin de rayonner aux alentours ; l’Alpe de Suissi, le Val di Funes, Alta Batia, Ortizei, Cortina-d’Ampezzo, etc … Sans négliger pour autant de petites balades pédestres aux abords de l’établissement où la flore exulte en ce début d’été (trolles, lys orangé, gentianes …). Au pied des falaises du Sella, les chamois vont et viennent en toute quiétude.

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le Passo Gardena depuis la chambre de l’hôtel  l’hôtel CIR

 

Sur la route des grands cols c’est l’affluence ; motos par nuées, cyclistes en masse et bien sûr des voitures, des bus et même quelques camions. Le tout sur des chaussées bien souvent étroites et sinueuses. Un univers routier bien différent de nos Cévennes au trafic presque insignifiant. Autre élément perturbateur c’est la chaleur ambiante même en altitude. L’après-midi c’est 30 à 35° en vallée et 25 à 27° à 2000 mètres. La semaine suivante, la tendance s’est inversée et il a fallu sortir les tenues d’hiver afin d’affronter les longues descentes froides et humides. Heureusement, nous étions en villégiature dans la vallée dans un quartier haut-perché du charmant village de Moena (1184m). La neige a même blanchi des sommets environnants. En ces lieux, l’hiver peut s’inviter à tout moment !

 

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Christine en pleine action                       l’Alpe de Suissi

 

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dans le Passo Sella                             à la Forcella Rodella

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lys orangé                                 chamois bondissant

 

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 au Passo Falzarego                                     le Tofane

Ces montagnes du Trentino Sud-Tyrol sont étroitement liées à l’œuvre du géologue et minéralogiste français Déodat Dolomieu qui, dès le 18ème siècle, a parcouru et étudié les montagnes désignées de nos jours sous le nom de chaîne des Dolomites. Né le 23 janvier 1750 à Dolomieu, près de la Tour-du-Pin (Isère). Il meurt en 1801, l’année de la publication de son œuvre majeure : « Philosophie Minéralogique ». Dans cet ouvrage, il précise la notion d’espèces en minéralogie. Il indique que celle-ci doit être basée sur la forme géométrique et la composition chimique des cristaux. Il estime que couleur, éclat et inclusions sont des caractères secondaires. Il avait mis en évidence dès 1791 le fait que certains carbonates doubles de Ca et de Mg ne font, à froid, qu’une légère effervescence avec des acides. Au cours de sa vie, il avait rencontré des massifs rocheux, constitués par ces carbonates dans les montagnes du Tyrol et du Trentino. C’est le chimiste et botaniste suisse Nicolas Théodore de Saussure qui, en 1796, a nommé ce minéral « dolomie » et ces montagnes les « Dolomites », et ce, afin de lui rendre hommage.

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Passo di Giau

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la récompense après l’effort

Nous avons effectué un superbe séjour dans ce massif montagneux peu connu des français (hormis les cyclistes, les randonneurs pédestres et les amateurs de grimpe). Nous avons été très agréablement surpris par l’excellent rapport qualité/prix de l’hôtellerie. Comme dans le Tyrol autrichien cette région regorge d’hôtels et la fréquentation touristique est phénoménale même à la mi-juin. Du confort, un service impeccable et en prime des décorations toujours soignée et agréable. Nous avons été très bien accueillis partout malgré l’obstacle de la langue. En Sud-Tyrol, c’est l’allemand et même le ladin (la langue originelle) qui prime, l’italien ne vient qu’en derrière position. Cette région du Royaume Autriche-Hongrie a été annexée par l’Italie en 1919 (traité de Saint Germain) mais cette population de souche germanique n’a jamais épousé la péninsule italienne. Cent ans plus tard la fracture est toujours béante tout comme les vestiges de la guerre (via ferrata, fortifications, tranchées et fortins).

Nous avons goûté à la gastronomie par le biais de nombreuses spécialités locales ; le speck un jambon sec légèrement fumé, les pâtisseries avec ses fameux strudels aux fruits et bien sûr les pâtes préparées avec beaucoup d’ingéniosité. Nous nous sommes délectés des célèbres cappucchino et des « gelati », qui contribuent, également au charme et au raffinement de l’Italie.

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 Selva di Cadore et le Pelmo

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Colle Santa Lucia et la Civetta

Des cols prestigieux, une flore d’une exceptionnelle richesse et des montagnes d’une rare beauté. Une chose est sûr nous n’attendrons pas dix-sept années pour y retourner une nouvelle fois !

 

                                                                                              Christine et Guy

  

Récit et photos Guy Cambéssèdes

Mise en page Marie France B.

Écrit par LA - mise en page MF |

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