Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

24/06/2015

la confirmation

 

La Confirmation

 

Tout parrain digne de ce nom se doit, un jour ou l’autre, de confirmer son filleul. Le baptême étant déjà validé par les instances il y a quelques mois.

Décidé, je l’étais, à passer à l’action le jour de la Védasienne. Avec comme témoin un être anonyme, exempt de toute confrérie, de toute société, secrète ou non. En bref, le parfait innocent, sauf pour faire une gaffe, une clownerie. Là, il est le 1er de la classe, mon Bernard.

Tout était fin prêt pour confirmer Jérôme, mon filleul. En réalité, je ne sais pas qui, du filleul au parrain, confirma l’autre.

La journée s’annonce belle même si quelques nuages bas encombrent le ciel au petit matin. La température est clémente et surtout pas de vent comme les semaines précédentes.

Nous partons de St-Jean-de-Védas escortant Jérôme vers la sortie de l’agglomération et retrouvant la quiétude des petites routes, à fortes déclivités, vers Pignan, au milieu d’un massif recouvert de garrigue pour rejoindre Murviel puis les 4 Pilas et Bel-Air.

Toujours surveillant mon filleul, nous filons sur Vailhauquès où sur le pourtour du village des bois dominent, dégradés par endroit en garrigue et en vignes. Contournant le village, je sens mes jambes lourdes, chaque fois que la route s’élève, mes compagnons de route s’éloignent devant moi.

Le ravito à St-Martin est idéalement placé, et l’accueil est sympa, c’est la discute, la photo, la récup, et nous voilà déjà sur la route avec le Pic-St-Loup à demi voilé par un semblant de nuage.

IMGP5295.JPG

 

La route est mauvaise côté revêtement, mais enchanteresse, côté paysage : le vert tendre des vignes, les feuilles des arbres et le Pic-St-Loup qui, enfin, se dévoile entièrement et voilà la photo, voilà un changement de direction qui nous fait douter.

 

IMGP5296.JPG

 

On file, on doute ou plutôt je doute, on fait demi-tour, on descend, on stoppe, on  fait à nouveau demi-tour, on remonte, on était au final sur la bonne route. Enfin, on s’imprègne du paysage, on confirme. On était venus pour ça, non ?

On s’enfonce dans le chemin des Verriers, à la limite du Gard et de l’Hérault. On se replonge un instant dans le passé  où de « Gentilshommes Verriers » pratiquèrent avec passion leur « noble Art » dans une vingtaine de verreries disséminées sur le Causse. Cette route aussi me ramène au tour de l’Hérault fait en 2000 avec ma Noëlla. Je n’ai pas les jambes aujourd’hui, mais je rêve, je suce la roue de mon filleul et je surveille Bernard car, déjà, dans certains bourgs, traversés, il nous a fallu le héler pour le mettre sur la bonne direction. Ah,  c’est l’aventure, avec cet oiseau-là !

Puis tout à coup, la torpeur. Finie la rêverie. C’est le réveil brutal. La noirceur nous enveloppe, malgré quelques flashs de l’orage qui illuminent la contrée quand nous entrons dans St-Bauzille de Putois.

Hors de question de filer s’enfermer un peu plus vers Brissac et la Buèges. Alors que quelques gouttes commencent  à nous arroser, nous choisissons l’option de filer vers St-Martin de Londres et le col de la Cardonille au lieu de nous mettre à l’abri.

L’orage se déchaine avec une violence extrême. La foudre ne tombe pas loin de nous, c’est l’ondée en plein col. Éclairage allumé, coupe pluie fluo bien fermé, lunettes sur le nez, visage fermé, grimace retroussant les sourcils, tout ceci ne sers à rien, car on y voit que dalle, on est trempé autant à l’intérieur qu’à l’extérieur, les lunettes pourquoi ? Le visage fermé ?  Le pire dans tout ça, c’est qu’en plus on a soif ? Ce n’est qu’appel de phares,  coups d’avertisseur de voiture qui nous frôlent comme si nous n’en avons pas assez avec les éclairs, la foudre et la flotte qui ruisselle maintenant sur tout notre corps.

Enfin, le col, la descente, la pluie qui faiblit, le froid qui nous gagne un peu, les frissons qui l’accompagnent et l’orage qui s’éloigne, alors que St-Martin de Londres se rapproche et que nous décidons de nous poser pour manger.

Attablé à une terrasse de bar, nous ingurgitons notre pitance. Je fais le garçon de café en servant mes compagnons de route. On discute sur le parcours à choisir pour retrouver le tracé. Nous optons pour Viols-le-Fort et bifurquons ensuite sur Argeliers pour (enfin !) revoir le fléchage de la randonnée.

Il faut tomber la veste de pluie car la chaleur, maintenant, nous submerge. Les nuages ont fui au loin, et nous voilà à nouveau dans le toboggan de ce matin. Après Montarnaud on retrouve, Les 4 Pilas, puis, Murviel où les organisateurs nous appellent par portable, car ils s’inquiètent. Mon filleul les rassure. Vient Pignan et, enfin, St-Jean de Védas où nous attendent chaleureusement, dames et messieurs, nos hôtes !

Au final, nous rentrons pratiquement secs, sauf les pieds qui pataugent encore dans l’humidité des godasses. Une fois les bécanes chargées et les chaussures changées, je ramène mes amis au bercail, après cette confirmation bénite (d’une manière assez violente certes).

Je désirais une balade, histoire d’en profiter,  je la voulais sans nuages, sans soucis. Pour qu’il découvre La Buèges pour confirmer. L’orage a voulu jouer avec nous, il nous a sortis, oui, je me suis fait envoyer paître,  rabrouer. Mais au final, j’ai assisté à un spectacle inouï.

Une foudroyante confirmation, flashée de mille feux.

Voilà, une fois de plus, j’ai tout écrit à ma façon, mais là, je demande particulièrement à l’amicale  de valider la confirmation de mon filleul Jérôme Proust.

A Jérôme, qui ne dit mot, même quand je lui fais faire demi-tour pour rien et que cela nous prive en quelque sorte de la vallée de la Buèges.

A Bernard, toujours fidèle.

Pierrot

Ps : bises à tous et bonnes balades pour cet été qui débute.

 

Écrit par LA - mise en page MF | Commentaires (0) |

Les commentaires sont fermés.