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18/10/2014

Seul, en route vers le Larzac

  PH noir et blanc.jpg Seul

Ce tracé, je l’ai fait maintes fois, et souvent à la même période, monter au Caylar, pour retrouver « l’Amicale  Larzac-Aventure », qui a bien voulu de moi, il y a déjà quelques années, parrainé que j’étais, par mon ami Marc.

Combien de fois ai-je suivi mon parrain sur ces routes me menant sur le plateau du Larzac, une fois par Joncels, une autre par Roqueredonde, par Lodève et j’en passe, des itinéraires où je suçais sa roue.

1 Sortie BZS vers larzac.JPGMais maintenant, je me retrouve sans mon pote aux longs cours, et je pars quand même vers ce Larzac qui m’attire, m’aspire, m’enveloppe dans son manteau des Causses.

Je file sur cette route rectiligne vers Bédarieux, passant sous « la tante à Jo » Tantajo à l’ombre des châtaigniers et des chênes verts. Je bascule seul sur Bédarieux entouré des monts d’Orb. Je traverse puis je longe l’Orb et je rentre dans le parc naturel régional du haut Languedoc. 

J’accélère le coup de pédale, comme si je devais revenir dans la roue de mon compagnon. Je rêve, j’imagine, je refais le passé. Mais il faut que je me réveille, que je réagisse. Je deviens sombre, mélancolique, je m’interroge : que fais-tu seul ici Pierrot ? Pourquoi n’as-tu pas de compagnon, pour apprécier cette luminosité sur le paysage et admirer le relief qui se dessine devant toi, regarder les flots du Gravezon encerclant le château de Lunas, après t’être un instant reposé sur le parvis de l’église ST Pancrace.

Ribaute 17 04 10.JPG

Ici, je fais comme jadis : bien assis en terrasse, je bois un demi-Monaco, et je me souviens que déjà l’an passé, j’avais profité du moment pour laisser un texto à mon pote, voulant le faire culpabiliser. Je me sentais seul et je pensais à lui, Marco, comme aujourd’hui d’ailleurs.

Je reprends ma pédalée et je grimpe, vers l’Escandorgue par le col de la baraque de Bral. Là, tout seul, je mesure l’effort, je n’ai pas suivi, je n’ai pas sucé sa roue, j’ai présumé de mes forces, comme si je voulais rattraper un fantôme, je me suis mis dans le rouge et maintenant, me voilà là, posant le pied dans cette montée "Escandoresque"

 

 

Enfin au loin j’aperçois Le Caylar autour de son rocher, encore un toboggan à passer entre les Rives et Roc Castel.

 

J’appréhende qu’un automobiliste me double, me reconnaisse, s’arrête et me demande ; où est ton compagnon ? Où est Marco ?

Tout aurait pu changer : j’aurais pu monter au Larzac, accompagné,  pas de mon compagnon de jadis, mais de mon ami de longtemps qui m’a accompagné jusqu’à Laurens et l’an passé aussi, jusqu’à Faugères.

Mais mon ami Bernard n’a pas de garde-boue. Dommage !

L’isolé cyclo Pierre

 

texte et photos PH 

 

Écrit par LA - mise en page MF | Commentaires (0) |

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